vendredi 6 mars 2009

Une mort brève


Car je suis las des mots et des illusions qu'ils suscitent, je décide maintenant de laisser mourir la flamme qui m'anime et se ravive au souffle de mon imaginaire. Que ce brasier utopique s'éteignent en emportant avec lui les joies et les attentes. Que cette lumière au loin qui me montre le chemin s'éteigne et Ô grand jamais ne se rallume. J'ai d'ores et déjà offert mon âme au Malin, qu'en retour il m'a fait don de comédie et non d'écrit. Car la jalousie m'emporte déjà de ne savoir vous faire vivre une aventure, car la peine me ronge de n'arriver à vous faire ressentir quoi que ce soit. J'ai vingt ans aujourd'hui et je pense enfin avoir compris: je suis né clown, je resterais clown, un rouage défectueux. Puisse t-il arriver ce jour où je pourrais m'extraire du pathos et de ses trop nombreux textes d'amoureux transis, d'âmes en peine meurtries par le soleil ardent de leur mépris, de meurtriers ou tout autre personnage glauque et Freudien. Puisse t-il ce jour arriver où, sans rougir, tenant la main de mon aimée, je regarderais le ciel et pourrais affirmer "j'ai fait quelque chose de ma vie". Oui, je suis redondant, je nourris en chacun une insatiable soif de certitudes: je ne change pas, je suis chiant à mourir. Mêmes histoires, mêmes références, même style..je n'ai plus besoin de cela, et je pense que vous non plus, j'ai besoin de muer, c'est une fatalité. J'ai besoin de livrer mon corps au plus vite, cette hideuse carapace ne me correspond plus dorénavant. Si vous le voulez-bien, partageons mes incertitudes. Je ne suis qu'une amorce, la première balle du barillet: celle qui ne tue pas, celle qui ne fait que blesser et ralentir..


[je ne crois pas être bon en quoi que ce soit seul, mais j'ai un tas d'histoires dans mes histoires et de projets..si vous êtes intéressé, vous savez où me contacter]


{illustration: The dog; Goya}

mardi 3 mars 2009

Met les doigts dans la prise


Lorsque je me suis réveillé ce matin j’ai aperçue La Mort qui se balançait là, aux pieds de mon lit. Apeuré quoi que peu réveillé, je lui accordais ces mots que j’entendais résonner dans ma poitrine telle des notes prisonnières de leur instrument :

« Pourquoi si tôt ? »

Lorsque les deux orbites vides de toute vie se tournèrent vers moi et que le sourire osseux se décrispa, La Faucheuse m’accordât ces paroles :

« Je m’ennuyais vois-tu. Je visite les chambres pour….comme vous dites ici bas….tuer le temps... »

A ces mots, la silhouette squelettique s’évanouit dans une lueur rougeâtre me laissant là, abasourdi par ce que je venais d’entendre.

Hier le Père Noël, aujourd’hui La Mort…bordel ! Ma chambre c’est pas un café !!