mercredi 7 janvier 2009

Rousse


Ce matin là, dans une verte contrée méconnue des hommes, naquit une petite fille à la peau blanche pareil à du marbre et à la chevelure blonde qui irradiait de lumière. Anna était le nom qu’on lui donna, et bien vite le monde entier l’épela.

La jeune fille grandit et peu à peu devint une femme dans la torpeur et l’insouciance du monde qui l’entourait, ses longs cheveux frisés étaient devenus roux et ses yeux humide de rosée éclataient d’un vert clair et joyeux. Seul son corps aux courbes fines et sibyllines, et son teint de braise avaient survécus dans un monde devenu cendre et pleurs. Son nom n’était maintenant plus prononcé par aucune bouche et on se refusait bientôt à faire perdurer son existence qui était devenue mythe: l’espoir était devenu une vertu obsolète. Et chaque jour la belle, nue en haut de la colline de l’oublie, chante en admirant l’océan. Et chaque année cette nuit, elle offre à la nature son corps nu peint de la lumière des astres. Le froid fait geler les larmes qui perlent sur ses joues en cette nuit qui devrait briller de milles feux. Nul espoir pour la réchauffer encor cette année: les hommes de leur côté ont fermé leur cœur et se refusent à toute autre activité que d’ingurgiter les tripes et autres immondices de leur Dieu cathodique.

Et malgré leur soudain aveuglement, la jeune femme décida qu’il était temps de montrer quelle beauté les humains ont oublié de leur monde. Elle se drapa d’une toge blanche qui lui découvrait les épaules et le dos jusque la naissance des reins, laça ses sandales de cuir et s’en vint en ville. Là elle vit avec effroi des êtres sans yeux qui déambulaient avec difficulté dans des ruines froide et ignominieusement aseptisées. Eux qui étaient autrefois des chantres ou des ménestrels, des poètes et des peintres, sont devenus les esclaves de leur paresse et de leur science. Anna, dont le charme ne parut pas inaperçu, se mit tout de même à chanter et peindre de mots ce monde devenu austère: la magie fut immédiate, et du sol grisonnant de macadam sortirent des arbres aux rouges feuilles par millier, des murs vitreux naquirent des racines verdoyantes, et sur les branches revinrent par centaines les oiseaux qui ne tardèrent à chanter leur mélopée. Les sourires finirent par poindre sur les visages, et les yeux se rouvrirent. Et les gens commencèrent à chanter et jeter de la couleur tout autour de leur vie: l’homme crée, l’homme croit, l’homme est heureux. Bien vite chaque ville rayonna à nouveau, et l’on pouvait souvent entendre au coin des rues le mythe qui de la sorte commençait « Et de l'écorce si forte du chêne naquit une femme belle comme nulle autre, laissant sa chevelure rousse au vent et ses yeux vert dompter l'océan. ». Anna pouvait à nouveau sourire, mais elle ne sait que trop bien que cette lutte est loin d’être terminée.

Il ne tient désormais qu’a vous, lecteurs, de vous laisser tout entier bercés par le sommeil que vous offre Morphée au creux de ses bras, et de rêver. Rêver jusqu'à n’en plus pouvoir, rêver jusqu'à en crever. Faire de vos rêves votre pain quotidien. Faire de vos rêves un partage. Faire de vos rêves une création. Chantez, écrivez, dansez, dessinez et faites perdurer les mythes et légendes afin que les plus vieux comme les plus jeunes en profitent et que leur visage rayonnent de joie à jamais.

4 commentaires:

  1. La comparaison dont je parlais sur le forum était donc : "[...]un texte qui sent le talent comme un caca de chient pris de diarrhée exhale sa puanteur."
    A prendre plus que bien, bien évidemment.
    J'écris aussi des trucs, dans un tout autre staYle (oh yeah baby), mais je le garde secrètement secret, mais à la vue de tous.
    UnAnus

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  2. Je suis anonyme....bon courage Tito !

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  3. Genre le type qui se commente lui même en anonyme x)

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  4. Hey ! Tout ça me fait bien penser à ça : http://fr.youtube.com/watch?v=MPJJSCFdVd0
    Enfin, les humains sans yeux et tout..
    J'espère que les liens sont autorisés dans les commentaires.

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